lundi 31 août 2009

JANVIER - TIRELIRE


Il paraît que l’argent ne fait pas le bonheur.
Ceci dit, même en étant très philosophe, il faut bien constater qu’aujourd’hui, l’argent joue un rôle important dans nos modes de vie : que ce soit pour payer un logement, se nourrir, s’habiller, se soigner, se déplacer, téléphoner, s’offrir des loisirs, s’équiper en mobilier…

En moyenne, d’après l’Institut National de Statistiques, un Belge dépense chaque année 13200 €, soit un peu plus de 36€ par jour. Quand on sait que dans le monde, 1.5 milliards de personnes
vivent avec moins d’1€ par jour, on peut dire que nous sommes plutôt privilégiés. D’où viennent ces inégalités ? Ce pouvoir d’achat nous rend-t-il responsable de quelque chose ? En tout cas, il nous donne un poids économique certain, et prendre conscience de l’impact qu’on nos choix de consommation au quotidien, c’est peut-être un premier pas vers un monde moins cinglé.
Si j’achète un pot de yaourt light à la fraise, qu’est-ce que je paye ? Le prix rémunère directement ou non :

• la production des ingrédients (lait, levure, fraise mais aussi épaississant, édulcorant, colorants, conservateurs…)
• la fabrication du plastique et du carton de l’emballage
• l’impression en couleur des dessins et du texte de l’emballage
• la transformation industrielle des ingrédients en yaourt.
• le conditionnement du yaourt en pots individuels
• le transport des ingrédients et du yaourt entre les lieux de production, transformation, stockage, vente…
• la création d’une campagne marketing (logo, design, spot télé avec une star sportive qui sourit, affiches, slogan vertigineux…)
• la diffusion de la publicité (jusqu’à 3500€ pour 30 secondes)
• les actionnaires de l’entreprise.

En circuit court, je ne paierais sans doute que les 3 premiers ingrédients, la transformation par le fermier et le petit pot en verre réutilisable. Je peux donc choisir en quoi je reconnais une véritable valeur ajoutée : acheter de temps en temps bio ou équitable, un week-end rando dans un éco-gîte ardennais plutôt qu’un city-trip à Barcelone, investir dans un vélo pliable, te faire faire un beau pantalon sur mesure au lieu de te payer trois frocs pourris, faire réparer tes godasses chez le cordonnier plutôt que d’acheter de la camelote fabriquée à bas prix et dans des conditions souvant inadéquates en Asie… Par tes choix de consommation, tu peux encourager des personnes et des collectivités qui ont relevé le défi de gagner leur vie dans le respect de leur environnement. En augmentant la demande de produits et services durables, tu favorises aussi la création d’emplois qui donnent aux familles un revenu décent.

Et l’argent que tu ne dépenses pas, que devient-il ?
L’épargne, que tu confies à la banque te rapporte chaque année quelques pourcents d’intérêts. D’où vient ce petit bonus qui t’es octroyé si généreusement ? Les économies que tu n’utilises pas
sont prêtées par la banque à d’autres (particuliers ou entreprises), qui en échange, rembourseront plus tard avec des intérêts. C’est une partie de ces intérêts qui est redistribuée à l’épargnant, pour l’encourager à laisser son argent à la banque.
Ce qu’il est intéressant de savoir, c’est à qui la banque prête les sous qu’on lui confie : à un ménage qui achète une maison ? à une entreprise qui fabrique du chocolat ? ou une société qui fournit des armes à des pays en guerre ? En général, ce qui compte pour la banque, c’est que l’emprunteur soit capable de rembourser quand elle le lui demande, point à la ligne. Il est toutefois possible de confier ton épargne à des banques qui ne prêtent qu’aux entreprises éthiques et durables. Ton argent sert alors à développer une économie qui tient compte de l’humain et de l’environnement :
http://www.triodos.be/ ou http://www.credal.be/

Finalement, une monnaie sert à être échangée contre ce qu’on veut et avec n’importe qui. Mais il est aussi possible d’échanger sans argent : c’est ce que proposent les SEL, Systèmes d’Echange Local. Massage shiatsu contre réparation de PC, coup de main à un déménagement contre cours de guitare … Le site web du SEL de Bruxelles répertorie les SEL d’autres localités :
http://www.brusel.be/

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